
Sandbox girls X le Panier bourguignon : une affaire qui roule
Qui aurait cru que des collines du Morvan aux dunes du désert d’Arabie Saoudite il n’y avait qu’un pas ? Seulement celles à même de le franchir, sans doute. C’est le cas de Sophie Bié et Christine Bernard. Les deux Sandbox girls représenteront la Bourgogne lors du Dakar 2026.
L’équipage 100% bourguignonnes (un des trois équipages uniquement féminins de cette édition) prendra le départ du prologue le 3 janvier. Elles affronteront les deux semaines de compétition à bord de leur Toyota HDJ 100 avec l’assistance de la team SSP, dans la catégorie classique auto. 87-96.
Au mois d’octobre, Sophie, pilote de l’équipage, nous a donné l’opportunité de participer à cette magnifique aventure. C’est à Château-Chinon capitale du parc naturel régional du Morvan, ou elle vit depuis son enfance, au café de l’Agriculture, autrefois tenu par les arrières grands parents d’un des fondateurs du Panier bourguignon que le partenariat s’est noué.
Nous sommes fiers de pouvoir accompagner l’équipage bourguignon dans cette extraordinaire expédition, que nous vous ferons vivre au jour le jour sur nos réseaux sociaux et au travers d’articles de blog. Nous relaterons leurs joies, leurs peines, leurs difficultés et leurs réussites durant la course, du 3 au 17 janvier au coeur du désert du Moyen-Orient.
Nous adressons nos sincères remerciements à Sophie de nous avoir spontanément proposé ce partenariat lors de notre rencontre dans le Morvan. Nous soutiendrons les Sandbox girls tout au long du rallye et comptons sur elles pour porter haut les couleurs de la Bourgogne sur une des courses les plus mythiques du sport automobile.
J-1 : La traversée du désert (02/01)
Difficile d’imaginer l’état d’esprit des participants à la veille d’une épreuve comme le Dakar. Il est sans doute différent, selon les objectifs et les palmarès. Dans ce rallye, couru cette année en Arabie Saoudite après l’Afrique des pionniers puis l’Amérique du Sud, plus que de sport, on parle d’aventure. La devise de Pierre de Coubertin, dans cette course, prend tout son sens. Ici, pour tout le monde, l’important, avant même de penser à finir et encore moins à gagner, c’est de participer.
Car l’arrivée au Bivouac (l’endroit où se retrouvent les participants et les suiveurs durant l’épreuve) ces derniers jours, est déjà une victoire pour la majorité des participants. Avant d’affronter les dunes de sable, ils sont sortis des écueils du financement, de la logistique d’acheminement du matériel et d’une préparation minutieuse de plusieurs mois. C’est le charme de cette épreuve et sa particularité. Son accessibilité relative qui permet le mélange entre amateurs et professionnels au départ de la plus grande course de rallye au monde.
Il y a quelque chose d’anachronique à ça, à l’heure de la professionnalisation à l’extrême du sport. Qui imagine un cycliste amateur à côté de Pogacar au départ du Tour de France ou un runner occasionnel se lancer sur le marathon des Jeux Olympiques ? C’est pourtant comparable, pour Sophie et Christine de l’équipage 743, nos deux partenaires, dans la catégorie Automobile, qui s’élanceront aux côtés de pilotes comme Sébastien Loeb ou Carlos Sainz Sr pour ne citer qu’eux. Pour elles, la course a déjà commencé en 2025. Entre l’arrivée des sponsors, la préparation de la voiture et les sessions d’entraînement dans le désert marocain. Être ici, dans ce bivouac, au départ du Rallye du Dakar, c’est déjà la fin d’un parcours des combattantes de plusieurs mois. C’est aussi une première victoire, celle d’engager le seul duo 100% féminin français de cette édition. Nos deux bourguignonnes ont déjà réussi cela, dans un pays ou le droit de conduire pour les femmes date de moins de 10 ans.
Le désert, lui, ne fait pas grand cas de ces réussites. Il ne fait pas de différence entre les sexes, les origines ou les palmarès lorsqu’il distille ses pièges. Il vous happe de la même façon, que vous soyez amateur ou chevronné, 9 fois champion du monde de rallye ou ancienne opticienne. Alors aujourd’hui, on adresse nos vœux de réussite et de courage pour tous les équipages (avec une attention particulière pour le 743). On leur souhaite aussi de savourer leur soirée et le travail accompli jusqu’à présent, car demain, pour tout le monde, débute la traversée du désert.
J1 : Le prologue (03/01)
Après une dernière nuit de rêve, aujourd’hui, pour certains, le cauchemar commence. Au programme, 98 kilomètres de course dont 23 chronométrés, en apéritif, pour se faire au goût des dunes du désert d’Arabie Saoudite autour de la ville portuaire de Yanbu. Une mise en action progressive pour les 325 véhicules qui s’engagent ce 3 janvier dans l’épreuve du Dakar.
Une mise en bouche importante puisque les 10 premiers de ce prologue (dans chaque catégorie : Auto, Moto et Camion) pourront choisir leur ordre de départ pour la première spéciale, dimanche. Ce choix, permettra aux meilleurs d’éviter de partir devant lors de la 1ère étape. En effet, d’après les reconnaissances, le terrain s’annonce piégeux avec beaucoup de pierres. Mieux vaut donc éviter d’ouvrir la route. Les récentes pluies intenses (oui ça arrive) tombées dans le désert d’Arabie Saoudite n’arrangent pas les affaires des pilotes en camouflant les traces. Ce prologue revêt donc une importance particulière pour les cadors du Rallye.
Pour notre équipage 743 aussi. Pas pour les mêmes raisons. Même si Sophie n’a pas l’intention de traîner (aller vite sur les dunes permet parfois paradoxalement de les passer sans encombres), pas de risques inutiles en vue. Ça passe. Le prologue est bouclé à la 73ème place avec un retard de 59sec pour 23 sec rattrapées. Cela leur permet de dormir 1h de plus demain avec un départ prévu à peu après 8h du matin grâce à ce résultat sur le prologue. A titre de comparaison, Sébastien Loeb finit ce prologue à 31sec de la tête ce qui situe la performance de nos sandbox girls sur cette mise en action. Mais l’important est ailleurs. Les premiers tours de roues sur le sable sont passés sans encombre.
Demain, la course commence véritablement avec 518km dans les cailloux, dont 305km de spéciale. Le Suédois Mattias Ekstrom à remporté le prologue dans la catégorie Auto, sa 5ème victoire d’étape sur le Dakar.
J2 : Le tour de Yanbu (04/01)
Dimanche matin, pas de gueule de bois pour l’équipage 743. A 8h24, c’est l’heure du départ pour les Sandbox Girls. En tête sur la ligne de départ pour les autos, Henk Lategan, à la lourde tâche d’ouvrir la route sur cette étape déjà piégeuse.
Les vainqueurs du prologue ont décidé de partir en retrait face aux embûches promises par les pierres présentes en début de spéciale, avant de retrouver les sables et les premières petites dunes de la course pour finir. Sacré menu pour un dimanche midi.
Notre équipage le digère quand même malgré quelques relents. Un problème avec le matériel de régulation en début de course ne les empêche pas de rallier l’arrivée, tardivement mais sans casse. C’est le principal quand on sait que beaucoup de concurrents ont déjà laissé des plumes dans le désert. Plusieurs véhicules de la team SSP (dont fait partie l’équipage de Sophie & Christine) ont connu des casses, au niveau du triangle et des jantes, sans compter les véhicules aperçu ci et là sur le bas côté le long du parcours.
Côté compétition, le Dakar 2026 nous offre sa première belle histoire. Récemment amputé d’une jambe suite à un accident, le quadruple ancien vainqueur Mathieu Baumel ne devait pas participer à cette édition. Il remporte la première étape aux côtés de son copilote Guillaume de Mevius et prend la tête du classement général.
Après ce premier weekend intense au niveau des émotions, il va falloir trouver le sommeil pour les Sandbox girls et tous les équipages encore en lice. Les récentes intempéries ont changé le terrain, ce qui ouvre des possibilités. La semaine s’annonce sableuse avec un départ à 5h26 pour nos deux bourguignonnes.
J3 : Yanbu - Alula (05/01)
Le soleil n’est pas encore prêt de faire son apparition quand les Sandbox girls plient bagages dans la nuit de Yanbu. Le départ de la deuxième étape du Dakar 2026 est fixé à 5h26 pour l’équipage 743. Au menu ce lundi, une étape de 504 km dont 400 km de spéciale, chronométrés. Les concurrents quittent la ville portuaire. Cap vers le nord avec une arrivée située à Alula. Plus de 100km de sable sont au programme. Les choses sérieuses commencent. Le tracé alterne entre passages sinueux et pistes très rapides. Un parc d’assistance est situé au milieu de la partie spéciale pour permettre aux équipages accidentés d’effectuer des réparations pour pouvoir rallier l’arrivée.
Début d’étape relativement tranquille pour l’équipage bourguignon. Elles suivent la file des concurrents en route vers le nord. Quelques péripéties arrivent à mi-chemin. Une légère erreur de cap nécessitant de rebrousser chemin (waze connaît peu la région) mais elles retrouvent rapidement la file des concurrents. Un autre arrêt entre 15h20 et 15h36 sans doute lié à une crevaison mais sans grande incidence sur la progression vers Alula pour nos concurrentes dans la catégorie classic.
Après quelques frayeurs supplémentaires avec des passages compliqués sur les dunes c’est l’arrivée à Alula. L’étape du jour est bouclée à la 36ème place de leur catégorie (classic) pour les sandbox girls. Au général, c’est la 74ème place pour l’équipage bourguignon.
Devant, dans les catégories reines ou s’affrontent les champions du rallye l’étape est dominée par l’écurie Toyota qui place 5 voitures aux 5 premières places. Victoire du jeune américain Seth Quintero en 3h57 sur les 400 km de spéciale. Le Qatari Nasser al-Attiyah prend la tête du général. Le quatuor de tête se tient en moins de 2 min avec le français Sébastien Loeb en quatrième position. Cap sur une étape spectaculaire demain avec une boucle de plus de 600 km dans le désert autour d’Alula.
J4 : Al Ula tour (06/01)
Entre deux étapes de transition et la veille de la première double étape marathon (on aura le temps d’en parler), c’est une boucle autour d’Al Ula qui attend aujourd’hui les concurrents. 666 kilomètres au programme dont 422 chronométrés. Une étape piégeuse, annoncée comme une des plus difficiles de cette édition. Les pistes sablonneuses et le manque de repères visuels pour la navigation compliquent le travail des équipages pour se repérer et progresser dans le désert. Pour les favoris de la course, les premiers gros écarts sont à prévoir. Pour notre équipage bourguignon, une première longue traversée du désert s’annonce.
Les sandbox girls s’élancent à 6h25 à l’assaut de cette 3ème étape. Avant de pouvoir poser leurs roues sur du bitume pour le retour au bivouac, elles vont affronter plus de 400 km de sable. Le désert fait ses premières victimes. De nombreuses crevaisons et un camion d’assistance qui se retourne, heureusement sans conséquences pour ses occupants. Sophie et Christine, elles, gardent le cap. Malgré une crevaison peu avant 9h et quelques franchissements de dunes acrobatiques, elles retrouvent la piste vers Al Ula vers 13h30, après 7h de route. Reste 230km plus aisés pour rejoindre le bivouac.
Côté compétition, c’est l’hécatombe dans la catégorie ultimate. L’écurie Ford tire son épingle du jeu dans ces conditions en plaçant deux pilotes au deux premières places de l’étape. L’américain Mitch Guthrie remporte l’étape devant son coéquipier le tchèque Martin Prokop. Derrière eux, c’est sauve qui peut. Le leader d’hier au général Nasser al-Attiyah perd plus de 20 minutes et se retrouve à 10 minutes du vainqueur du jour. Le multiple champion du monde de rallye Sébastien Loeb en perd 26. Les Ford trustent la tête du général avec 5 voitures aux 5 premières places.
Il va vite falloir reprendre ses esprits, pour ceux qui visent la victoire comme pour notre équipage 743. Demain c’est la première partie d’une des deux étapes marathon. Deux jours de spéciales, entrecoupées d’une nuit en bivouac isolé. Pas de sanitaires, eau et nourriture en ration, et comme seules affaires un duvet, une tente et ce qui tient dans la voiture comme réserves. L’aventure, en somme.
J5 : Semi-marathon (07/01)
Mercredi matin, cap vers le cinquième jour de course. Après le prologue et trois étapes, la caravane du Dakar s’élance vers l’inconnu. Aujourd’hui c’est semi-marathon. Le premier des deux jours qui verront les équipages serpenter entre Al Ula et Hail. Plus de 500 km à parcourir dont 400 chronométrés. Une habitude à prendre. Il faudra déjà recommencer demain. Cependant, cette fois, aujourd’hui, comme ce sera le 13 janvier, c’est particulier. A l’arrivée, pas de révisions. Pas d’assistance. Pas de matériel. Bref, pas de bivouac organisé. Aujourd’hui, il faut ménager sa voiture, car demain elle repart dans l’état où elle est arrivée.
Comme pour la majorité des concurrents (au Dakar ou au semi-marathon d’ailleurs) l’important pour nos Sandbox girls, c’est de terminer. Trouver son rythme, préserver la machine, optimiser ses forces pour pouvoir arriver. C’est,à l’heure où ces lignes sont écrites, chose faite. Enfin si l’on se fie au tracker GPS. Sophie et Christine n’ont pas de réseau sur le Bivouac de fortune dans lequel elles vont passer la nuit. A priori pas de casse. L’épreuve de la nuit arrive. Nowa pour se laver, un duvet pour dormir. C’est à peu près l’essentiel dans la tente des Sandbox Girls. Quelques rations de nourriture également. Demain, un autre semi est au programme.
Côté ultimate, la catégorie reine, du changement. Les Ford, qui trustaient hier soir les premières places avec cinq voitures en tête de course ne sont plus que trois dans le top 10. L’étape est remportée par la Lategan qui fait coup double en prenant la tête du général. Il devance de près de 4 minutes Nasser al-Attiyah. Coup de tonnerre avec l’abandon de Yazeed Al-Rahji, vainqueur de la dernière édition. Au moins lui, ne fera qu’un semi.
J6 : Hail, on arrive (08/01)
Après une courte nuit dans le désert saoudien, il est temps pour les pilotes du Dakar 2026 de s’élancer vers la ville de Hail. 428 km au programme, dont plus de 350 km chronométrés. Les voitures, comme les organismes, vont être mises à rude épreuve. Encore une fois, prime aux concurrents qui partent dans les derniers. La séparation du parcours entre autos et motos empêche les copilotes de suivre les traces des motards pour se repérer plus facilement.
Pour les Sandbox Girls la nuit a été courte dans le désert. Au petit matin, c’est le départ avec les tentes et les duvets dans la voiture. Si l’étape et la spéciale se passent sans trop poser de soucis, un problème de bouchon au niveau du liquide de refroidissement compromet la liaison. L’équipage 743 doit attendre le camion d’assistance pour ne pas prendre le risque d’abandonner. Si ce retard ne revêt pas d’importance au niveau du classement, il reste contraignant. En effet, avec un départ prévu aux aurores demain et après une courte nuit en tente, les organismes vont être mis à rude épreuve. Vivement le jour de repos.
Côté ultimate, Mitch Gurrie remporte sa deuxième étape sur ce Dakar 2026 mais reste 6ème du général avec plus de 16 minutes de retard sur le leader. Côté français, Loeb est 7ème à 18 minutes.
J7 : Première vue sur Riyad (09/01)
Vendredi, sur le Dakar, pas de poisson mais des dunes. Cette étape (la 6ème) verra les concurrents de toutes les catégories se frotter aux monticules de sable formées sur le désert. Plus de 900 kilomètres pour la majorité des catégories, dont 300 chronométrés. Le départ, pour les Sandbox Girls, est fixé à 4h17. Pas de quoi récupérer après les deux jours de l’étape marathon. Mais après cette grosse journée vient le premier jour de repos dans la capitale.
L’étape est difficile pour nos deux bourguignonnes. qui doivent ralentir leur rythme pour passer les obstacles de la course. Elles escamotent la spéciale “dune test” pour être sûres de passer et de voir l’arrivée à Riyad, samedi prochain. 300 points de pénalité mais leur objectif est ailleurs. Avec la distance de cette étape, mieux vaut prévenir que guérir. Elles finissent par arriver à Riyad, sans de grosses difficultés malgré les péripéties en route, comme l’aide à un équipage anglais coincé sur la route.
Côté compétition, le leader du général, al-Attiyah remporte l’étape devant son coéquipier Sébastien Loeb. Il accroît son avance au général à la fin de la première semaine et devient le favori au général pour cette édition 2026.
J9 : Reprise (11/01)
Après une journée de repos bien méritée à Riyad, les concurrents du Dakar 2026 s’élancent, le dimanche 11 janvier, pour la 7ème étape du Dakar 2026. C’est le début du trajet retour vers Yanbu. La course entre dans sa deuxième partie, décisive pour tous les équipages. Au menu du jour, près de 900 kilomètres dont plus de 400 kilomètres de spéciale pour rejoindre la ville de Wadi ad-Dawasir.
Toujours beaucoup de dunes au programme. Pas de prise de risque inutile pour notre équipage bourguignon qui escamote une spéciale jugée trop dangereuse. L’important est de rallier Yanbu. Encore une grosse journée tout de même avec un départ aux aurores et une arrivée peu avant la nuit. C’est maintenant au tour des mécaniciens de la Team SSP (qui prodigue l’assistance tout au long du rallye pour l’équipage 743) de s’affairer autour des voitures. Car demain, et encore pour quelques jours, il faudra à nouveau affronter les pièges du désert d’Arabie Saoudite.
Dans la catégorie ultimate, grosse remontée de l’écurie Ford. Ekstrom, déjà vainqueur du prologue, récidive et remonte à la deuxième place du général à moins de 5 minutes du leader. Le suspense reste entier après le premier jour de la deuxième semaine de course dans la catégorie reine avec 11 pilotes qui se tiennent en moins de 30 minutes.
J10 : Wadi Ad-Dawasir (12/01)
Début de la deuxième semaine et dixième jour de course pour les concurrents du Dakar 2026. Aujourd’hui le tracé dessine une boucle autour de la ville de Wadi Ad-Dawasir. Une région que le mythique rallye n’a plus visitée depuis 2022. Au programme, plus de 700 kilomètres au cœur du désert dont près de 400 kilomètres de spéciale. Une longue étape piégeuse avec beaucoup de dunes. Les concurrents de toutes les catégories s’élancent en même temps, ce qui complique la navigation avec des conditions de visibilité réduites à cause du sable dégagé par les véhicules.
Le départ est donné à 9h du matin. Grasse matinée pour la majorité des concurrents, les départs ayant généralement lieu entre 4h et 6h du matin depuis le début de l’épreuve. Une gigantesque poussière s’élève à l’heure du départ et voilà les équipages partis pour cette 8ème étape.
Pour les Sandbox girls et les autres concurrents de la catégorie classic, 4 spéciales sont au programme. Sophie, pilote principale de l’équipe arrive de plus en plus à maîtriser les éléments du désert Saoudien et les spéciales se passent sans problème, ainsi que la liaison qui les ramène au Bivouac. Un lundi comme un autre pour l’équipage 743.
J11 : Marathon ou promenade (13/01)
Pour cette 9ème étape, le programme diffère selon les catégories. Pour les stars des ultimate, une autre étape marathon est au programme avec une nuit dans le désert et pas d’assistance pour les deux étapes d’aujourd’hui et de demain. Pour la catégorie classic, ou concourent nos Sandbox girls, pas de marathon avec un retour au bivouac ce soir et la possibilité d’effectuer des réparations sur leurs véhicules. Il y aura tout de même plus de 500 kilomètres à parcourir dont 400 kilomètres de spéciales dans les dunes.
Une fois n’est pas coutume, pour le résumé d’aujourd’hui on fera la part belle à la catégorie ultimate. Les champions du Dakar nous ont en effet offert une étape dantesque. Les Ford, un peu en retrait depuis quelques étapes font un retour fracassant au classement général. Si elles n’ont pas gagné l’étape, ni même terminé sur le podium (la difficulté de navigation favorisant les équipages partant derrière et donc mal classés au général) elles occupent désormais les deux premières places du Rallye. Nasser al-Attiyah chute de la 1ère à la 3ème place. Mais les positions ont peu d’importance au vu des écarts. Les trois premiers du général se tiennent en moins d’une minute. Du jamais vu sur le Dakar en deuxième semaine.
Pour nos Sandbox girls, l’étape a été moins animée. C’est ce qu’on pouvait leur souhaiter de mieux. Malgré quelques pénalités et un retard croissant au général, elles terminent l’étape sans encombres. Elles peuvent se reposer et remettre la voiture en état ce soir avec l’aide de leur assistance, avant de se lancer vers Bisha demain.
J12 : Attention aux dunes (14/01)
Départ de la 10ème étape au matin de ce mercredi 14 janvier. Pas du même endroit pour tout le monde, en fonction des catégories. Si la nuit à pu être (un peu) réparatrice pour les Sandbox girls et les autres concurrents de la catégorie Classic, il n’en est rien pour les équipages en Ultimate. C’est en effet, pour les stars du Dakar, le départ de la deuxième partie de cette étape marathon. Pas de Bivouac ni d’assistance mécanique pour eux hier soir. Embêtant quand, comme le français Sébastien Loeb, on a cassé sa direction assistée par exemple. En plus de la difficulté de se remettre pendant une courte nuit, il faut réparer le véhicule. Heureusement un de ses coéquipiers chez Dacia lui prête main forte.
Au programme aujourd’hui, pour toutes les catégories, des dunes. Plein de dunes. Pendant plus de 400 kilomètres. Mieux vaut avoir une direction assistée. C’est le cas pour notre équipage bourguignon qui passe les dunes lentement, mais sûrement.
Côté Ultimate, les Dacia tirent aujourd’hui leur épingle du jeu et les écarts au général commencent à se creuser. A la fête hier, c’est soupe à la grimace aujourd’hui pour l’écurie Ford. Ses deux pilotes les mieux placés ont concédé près de 15 minutes sur le nouveau leader du général. Nasser al-Attiyah s’empare de la tête avec plus de 10 minutes d’avance sur son plus proche poursuivant. Un premier écart significatif en vue de la victoire finale.
Mais plus que de sport aujourd’hui sur la course, il était question de souvenir. Il y a 40 ans, au Mali, Thierry Sabine, alors directeur de l’épreuve, trouvait la mort en compagnie du chanteur Daniel Balavoine dans un terrible crash d’hélicoptère. Nous pensons à eux à l’heure d’écrire ces lignes.
J13 : Bisha - Al Henakiyah (15/01)
Une longue étape attend aujourd’hui les concurrents de toutes les catégories du Dakar Rally 2026. Pour les Sandbox girls et les autres équipages qui concourent en classic, plus de 800 kilomètres sont au programme. Une étape exigeante, ou il faut savoir se ménager et prendre soin de sa monture. Il ne reste, après cette étape, que deux autres jours de course avant de rallier l’arrivée à Yanbu. Pour les équipages encore en lice, terminer la course n’est plus une chimère.
Notre équipage bourguignon reste, sur cette étape, fidèle à sa devise. Lentement, mais sûrement. Elles escamotent la dernière spéciale de la journée pour préserver leur véhicule et leur niveau de fatigue. Yanbu est en ligne de mire et avec la ville portuaire, l’arrivée du rallye-raid le plus prestigieux du monde.
Plus que deux étapes à franchir, l’excitation de la fin de course semble maintenant se mêler à la mélancolie d’un retour en France qui se rapproche. Cependant, l’heure n’est pas encore au bilan. Il reste encore deux longues journées à déjouer les pièges du désert d’Arabie.
Côté compétition, la lutte se resserre. S’ils parviennent à éviter les incidents (pas une mince affaire en Rallye), Nasser al-Attiyah (Ford) et Nani Roma (Ford) devraient se jouer la victoire sur les deux dernières étapes. Avec plus de 8 minutes d’avance, avantage au Qatari. Côté français, Sébastien Loeb remonte sur le podium à la faveur d’une bonne étape. Il devra batailler durant les deux prochains jours pour conserver sa place sur la boîte, ne comptant que 5 minutes d’avance sur le suédois Ekström, vainqueur de l’étape du jour.
J14 : Retour à Yanbu (16/01)
Avant dernière étape aujourd’hui pour les concurrents de toutes les catégories du Dakar 2026. Déjà (ou seulement, selon les aléas de la course pour chaque concurrent) le retour vers Yanbu. Après plus de 10 jours de course à travers l’Arabie Saoudite, les équipages entrevoient l’arrivée. Demain sera plus une parade qu’une étape avec environ 100 kilomètres au programme. Une poussière dans le désert après les milliers de kilomètres avalés depuis le samedi 3 janvier.
Avant la douceur du digestif, un peu de rudesse pour le désert. Plus de 700 kilomètres pour rallier la côte et la ville de départ et d’arrivée de cette édition 2026 pour toutes les catégories. 300 kilomètres de spéciale pour les Ultimate. Une dernière chance de renverser la table ou d’assurer son classement pour les leaders du général. Nasser al-Attiyah à tenu la baraque en remportant sa 50ème victoire d’étape dans l’épreuve assurant, sauf accident, son 6ème succès au classement général du Dakar.
Cette dernière étape est à l’image du reste de l’aventure pour Sophie et Christine, l’équipage 743 de catégorie Classic de l’édition 2026. Quelques galères techniques avec un problème de batterie, de la réussite avec aucune crevaison malgré les nombreux cailloux. Des anecdotes avec l’assistance rendue à un équipage Toyota anglais déjà croisé sur le flanc plus tôt dans la course. Une journée banale sur le Dakar en somme. Mais la dernière, alors forcément une des plus belles. Elles auront réussi à dompter le désert saoudien, deux semaines durant. Une aventure exceptionnelle que nous sommes fiers de vous avoir partagé ici, sur le site du panier bourguignon,pendant deux semaines.
J15 : Célébrations (17/01)
A Yanbu, dernière étape en forme de parade donc.100 kilomètres dans les paysages gigantesques qui bordent la cité portuaire et le franchissement de la ligne d’arrivée au bout. C’est la fin de deux semaines de course dans le désert d’Arabie Saoudite. Le voyage se termine là où il avait débuté, 15 jours plus tôt. Mais vous l’aurez compris, ici, l’important n’est pas la destination. Si au retour des équipages Yanbu n’a pas changé, l’inverse n’est pas vraie. Quelque soit les objectifs ou la catégorie, tous les équipages ont vécu des moments inoubliables, des bons comme des mauvais.
Comme un symbole, malgré l’apparence insignifiante de l’étape d’aujourd’hui pour la compétition, la victoire au classement général de la catégorie moto s’est jouée à 2 secondes. L’écart le plus court de l’histoire de l’épreuve, toutes catégories confondues. En tête hier soir, le pilote américain Ricky Brabec commet une erreur de navigation dans les tous derniers kilomètres et se fait souffler la victoire par l’Argentin Luciano Benavides.
Pour les Sandbox girls, pas de désillusion de ce type. L’étape est la courte promenade de santé annoncée. Pour une fois, les temps forts de la journée se passent en dehors de la piste. Le podium d’arrivée, la remise de la médaille de “finisher”, tant convoitée dans tous les sports d’endurance. Les égards accordés au équipages qui terminent la course sont à la hauteur des efforts engagés pour en voir le bout. C’est le cas pour nos deux bourguignonnes, donc nous nous joignons à ces célébrations, en leur tirant bien haut notre chapeau.

