
Les 10 sites naturels incontournables du patrimoine bourguinon
On a souvent tendance à réduire la Bourgogne à ses vins et à ses fromages. C’est une erreur. Car derrière les appellations prestigieuses et les caves voûtées se cache une région d’une diversité naturelle surprenante.
Des forêts profondes du Morvan où les lacs bleus-verts se cachent entre les hêtres centenaires, aux falaises calcaires de la Roche de Solutré qui surgissent au-dessus des vignobles de Pouilly-Fuissé comme une proue de navire pétrifiée, en Bourgogne la nature est partout, pour peu qu’on accepte de lever le nez de son verre de Gevrey-Chambertin.
Le Canal de Bourgogne et ses 189 écluses vous invitent à ralentir au rythme de l’Yonne et de la Saône. La vallée de l’Ouche et les gorges de l’Arroux offrent ce que les randonneurs cherchent sans toujours savoir où le trouver : une nature encore sauvage et préservée, à vingt minutes d’une autoroute. Le Val-Suzon, réserve naturelle aux portes de Dijon, prouve qu’on n’a pas besoin de traverser la France pour trouver des orchidées sauvages et des gorges calcaires dignes d’un documentaire.
Plus discrets encore, la forêt de Cîteaux, façonnée par des moines depuis neuf siècles, le lac de Panthier et l’arche naturelle de Pierre-Pertuis attendent ceux qui savent s’écarter des sentiers balisés par les guides touristiques.
Et puis il y a la Côte viticole, dont on oublie trop souvent qu’elle est avant tout un paysage naturel d’exception, classé à l’UNESCO non pas pour ses caves, mais pour la beauté géologique et humaine de ses climats qui épousent le relief depuis des millénaires.
Dans cet article on vous présente, pour accompagner le début du printemps, dix sites emblématiques des paysages de Bourgogne ou profiter du patrimoine gastronomique de la région et du retour du soleil..
La Bourgogne par nature : 3. Le canal de Bourgogne
Un ruban d’eau paisible au cœur de la Bourgogne, où les écluses centenaires rythment le voyage entre villages de charme et paysages bucoliques.
Le Canal de Bourgogne est une invitation à ralentir. Tracé sur 242 kilomètres entre 1726 et 1832 pour simplifier le commerce fluvial entre le nord et le sud de la France, il relie la Méditerranée à la Manche via 189 écluses et traverse des paysages parmi les plus jolis de France. À bord d’une péniche ou à pied sur le chemin de halage, à chaque virage se révèle un nouveau tableau, comme une succession de cartes postales éphémères.
Les platanes centenaires bordent le canal formant une véritable colonne végétale. Leurs troncs noueux sont les témoins du temps qui passe et leurs feuilles frémissantes filtrent une lumière douce, presque picturale. Au fil des saisons, l’ambiance change. Au printemps, les verts éclatent. En été, l’ombre devient refuge. En automne, le canal se pare de reflets dorés et devient un long corridor lumineux.
Les maisons éclusières ponctuent le parcours avec simplicité et lui confèrent encore plus de charme. Chacune possède son identité, son jardin, ses fleurs, ses couleurs. Les écluses elles-mêmes imposent un rythme lent et apaisant. On observe les gestes précis, les mécanismes anciens. Le temps suspend son cours quelques instants avant de reprendre doucement.
À vélo ou à pied, le canal se découvre au rythme du voyageur, on est ici en plein dans le slow travel. Le chemin de halage offre une parenthèse loin de l’agitation. L’EuroVélo 6 accompagne une partie du tracé et permet de longues balades accessibles à tous. On avance sans contrainte, on s’arrête pour profiter d’un paysage ou pour partager un moment au bord de l’eau.
Les villages qui jalonnent le canal incitent à la découverte. Pouilly-en-Auxois, Montbard ou encore Tonnerre dévoilent leur patrimoine et leur douceur de vivre. À Tanlay, le château Renaissance se reflète dans l’eau calme, offrant un spectacle presque irréel. Le Canal de Bourgogne se vit comme une immersion dans un territoire authentique, où chaque détour révèle une nouvelle histoire, jamais loin de la gastronomie et du patrimoine culinaire français.

